Traumatisme et microbiote

🧠 Microbiote intestinal, inflammation et trouble de stress post-traumatique (TSPT) - traumatismes

Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est une pathologie psychiatrique invalidante pouvant survenir à la suite d’un événement traumatique majeur. Des travaux récents suggèrent que sa physiopathologie ne se limite pas aux seuls mécanismes neuropsychologiques, mais implique également des processus biologiques périphériques, notamment l’inflammation systémique et les interactions au sein de l’axe intestin-cerveau.

Une méta-analyse récente a exploré les liens entre le microbiote intestinal, les biomarqueurs inflammatoires et le traumatisme, afin de mieux comprendre leur rôle potentiel dans le développement et l’expression clinique du trouble.

🔬 Le microbiote intestinal et l’inflammation jouent-ils un rôle dans le traumatisme ?

Pour répondre à cette question, 15 études ont été analysées :

  • 9 études portant sur les biomarqueurs inflammatoires,

  • 6 études portant sur la composition du microbiote intestinal.

Les résultats mettent en évidence plusieurs éléments clés :

🔥 Inflammation systémique

Les personnes atteintes de TSPT présentent des niveaux significativement plus élevés de cytokines pro-inflammatoires, notamment :

  • interleukine-6 (IL-6),

  • interleukine-1β (IL-1β),

  • facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α).

Ces marqueurs traduisent un état inflammatoire chronique de bas grade, susceptible d’influencer la neuroinflammation et la régulation émotionnelle.

🦠 Diversité et composition du microbiote

Bien que la diminution de la diversité alpha du microbiote ne soit pas statistiquement significative dans l’ensemble des études, deux travaux rapportent une réduction notable des bactéries de la famille des Lachnospiraceae.
Ces bactéries sont reconnues pour leur rôle dans la production d’acides gras à chaîne courte (AGCC), essentiels au maintien de l’intégrité de la barrière intestinale et à la modulation de la réponse inflammatoire.

🔗 Corrélations cliniques

Certaines altérations du microbiote, notamment la diminution des Lachnospiraceae, sont corrélées à des symptômes spécifiques du traumatisme, tels que :

  • l’hypervigilance,

  • les troubles cognitifs,

  • la sévérité globale des symptômes.

🌱 Vers une évolution de la prise en charge du traumatisme

Les résultats de cette méta-analyse soulignent le rôle central de l’axe intestin-cerveau dans la physiopathologie du traumatisme. Les déséquilibres du microbiote pourraient :

  • favoriser une perméabilité intestinale accrue,

  • amplifier la libération de cytokines pro-inflammatoires,

  • influencer directement le fonctionnement cérébral via la production ou la modulation de neurotransmetteurs.

Ces données ouvrent des perspectives thérapeutiques complémentaires, suggérant l’intérêt d’approches ciblant le microbiote intestinal — telles que les probiotiques, prébiotiques ou stratégies nutritionnelles adaptées — en complément des prises en charge psychothérapeutiques conventionnelles. Toutefois, les auteurs soulignent la nécessité de recherches interventionnelles supplémentaires pour confirmer ces hypothèses.

Source : Petakh, P., et al. (2024).
Exploring the interplay between posttraumatic stress disorder, gut microbiota, and inflammatory biomarkers: A comprehensive meta-analysis.
Frontiers in Immunology, 15, 1349883

Précédent
Précédent

Les clés de l’alimentation sur les TNDs